Histoire

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Le monastère Notre-Dame du Kokoubou appartient à l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance (OCSO), un Ordre constitué de monastères féminins et de monastères masculins autonomes, participant à la tradition d’un même patrimoine, coopérant entre eux et s’apportant une aide réciproque de bien des manières, dans le respect de leurs saines différences et la complémentarité de leurs dons.[1] Cet Ordre constitue, avec l’Ordre Cistercien et l’Ordre des Bernardines, la famille cistercienne. Ces distinctions sont apparues au long des siècles à partir d’un noyau initial qui a germé en 1098.

Ce noyau apparaît comme un maillon d’une longue chaîne historique qui remonte à l’Egypte des 3ème et 4ème siècles reconnue comme le berceau du monachisme chrétien, avec la grande figure de Saint Antoine, Père des moines chrétiens. Vers la fin du 5ème siècle, parut un homme appelé Benoît qui se fit moine et écrivit plus tard la Règle qui porte son nom et qui est un condensé de toute la doctrine des premiers moines. A partir de cette Règle naquit  le monachisme bénédictin d’où sortira le rameau cistercien.

Les premiers cisterciens étaient donc au départ des moines bénédictins de l’abbaye Notre-Dame de Molesme, en France. Insatisfaits de la manière dont la vie monastique était menée dans leur monastère de profession, ils ont dû le quitter pour avoir le loisir de vivre conformément à la Règle. Mais, par-delà la Règle de Saint Benoît, ils cherchaient même à retrouver l’idéal monastique des Pères du désert d’Egypte. Ils s’installèrent alors dans un endroit « désert » appelé Cîteaux, un lieu d’horreur et de vaste solitude. Là, ils fondèrent un nouveau monastère le 21 mars 1098. Les trois premiers abbés de ce nouveau monastère, Saint Robert, Saint Albéric et Saint Etienne, sont considérés comme les fondateurs de ce qui va devenir un nouvel Ordre sous l’impulsion de Saint Bernard, Abbé de Clairvaux, qui débarque à Cîteaux en 1112 avec un bataillon de trente postulants.

Au fil des siècles et sous l’influence de divers facteurs, il y eut un fléchissement dans l’unité de l’Ordre. Les différents monastères se regroupent alors en congrégations. A la demande du Saint-Siège, trois d’entre elles, qui demeuraient particulièrement attachées à l’esprit des origines, finirent par fusionner en 1892 sous le nom d’Ordre des Cisterciens Réformés (OCR) de Notre-Dame de la Trappe, devenu par la suite l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance. L’Ordre ainsi constitué connut bientôt une première expansion du fait de la persécution religieuse. Ceci aboutit à des fondations en Amérique du Nord et en Asie. Une deuxième expansion fut consécutive à l’appel pressant des papes Pie XI, Pie XII et Jean XXIII pour la fondation de communautés de vie contemplative  en pays de jeune chrétienté. Le Concile Vatican II assumera cet appel dans le décret Ad Gentes, sur l’activité missionnaire de l’Eglise en ces termes : « La vie contemplative relevant du développement complet de la présence de l’Eglise, il faut qu’elle soit instaurée partout dans les jeunes Eglises. »[2] C’est dans le sillage de cet appel que les fondations de notre Ordre virent le jour en Afrique, qui connaissait par ailleurs depuis l’antiquité le monachisme copte (Egypte) et le monachisme éthiopien, l’un et l’autre toujours florissants. C’est de façon très concrète que cet appel fut adressé à la l’Abbaye française de Notre-Dame de Bellefontaine lors d’un passage de Monseigneur Bernardin Gantin alors évêque auxiliaire de Cotonou, qui souhaitait une fondation dans son pays.

Cet appel rejoignait le désir de la communauté de Bellefontaine, qui a dû attendre 1972 pour fonder le monastère Notre-Dame du Kokoubou sous la responsabilité de Père Charles Faucher. En 1985, la fondation a accédé au rang de prieuré avec l’élection de son premier Prieur en la personne de Père Charles Faucher, rappelé à Dieu le 27 avril 2005. Père Jean Forestier a succédé à Père Charles en 2002 et, depuis le 5 avril 2014, la communauté du Kokoubou a élu son premier Prieur béninois en la personne de Père Marcellin Dhécadjèvi. Actuellement la communauté compte 1 membre à vœux temporaires et 14 à vœux définitifs dont 3 fondateurs encore présents parmi nous.

[1] Cf. Constitutions, n° 72.

[2] Ad Gentes n° 18.